Carte blanche à Martin Carpentier

vendredi @ 7:30 pm

Montréal, QC, Canada

Série montréalaise: 3ième concert
La musique des maîtres allemands romantiques
avec Constance Joanis au piano et Marc-André Riberdy au violoncelle

Gig Details

Admission:
32$ régulier / 27$ aîné / 12$ étudiant

Venue Details

Address
Salle de concert du Conservatoire
4750 avenue Henri-Julien
Montréal, QC H2T 2C8
Canada

Martin Carpentier, clarinettiste de Pentaèdre, s’entoure de brillants musiciens pour donner vie à de grandes pages de musique allemande romantique comme le magnifique trio de Brahms pour clarinette, violoncelle et piano. Douceur mélancolique, élégance et fougue, ce concert mettra en lumière la clarinette dans toute sa polyvalence.

Artistes invitées: Constance Joanis, piano, Marc-André Riberdy, violoncelle.

Martin Carpentier Crédit photo@Annie Éthier

Johannes Brahms (1833-1897) : Trio en la mineur pour clarinette, violoncelle et piano, op. 114
Carl Frühling (1868-1937) : Trio en la mineur pour clarinette, violoncelle et piano, op. 40
Robert Schumann (1810-1856) : Fantasiestücke pour violoncelle et piano, op. 73
Robert Schumann (1810-1856) : 3 Romances pour clarinette et piano, op. 94

Fantaisiestücke op. 73 pour clarinette et piano et Trois romances op. 94 pour hautbois et piano – Schuman (1849)

Le compositeur allemand Robert Schumann (1810-1859) demeure, encore à ce jour, l’un des compositeurs les plus influents de l’époque romantique. Promis à une grande carrière de pianiste, ses rêves furent rapidement brisés à la suite d’une blessure qui lui empêcha de jouer. Il se tourna dès lors vers la composition et produisit de nombreuses œuvres, surtout pour le piano, sans toutefois oublier l’orchestre symphonique et la musique de chambre, pour notre plus grand bonheur. Malgré une importante résistance de son ami et professeur Friedrich Wieck, il épousera en 1840 sa fille, Clara, elle aussi pianiste de génie et compositrice. Par ailleurs, le couple se liera d’amitié au fil des ans avec un certain Johannes Brahms.

Les premiers épisodes de troubles psychotiques que vivra Schumann débuteront vers 1833. Les nombreux épisodes dépressifs, entrecoupés de périodes maniaques, ponctueront non seulement la vie du compositeur, mais influenceront certainement son écriture musicale : En effet, sa musique se caractérise souvent par de fortes oppositions de caractères contrastants, et les Fantaisiestücke pour clarinette et piano n’y font pas exception, tout comme ses Trois Romances pour hautbois et piano.

La première œuvre mentionnée, découpée en trois mouvements, fut écrite originalement pour clarinette et piano par Schumann, bien qu’elle soit aujourd’hui souvent librement interprétée à l’alto ou au violoncelle. Il semblerait que ces Fantaisiestücke, écrites en à peine deux jours par le compositeur en février 1849, furent originalement titrées en tant que pièces de salon, avant de porter le nom de fantaisie, tout comme bien d’autres œuvres du compositeur allemand, un qualificatif qui colle bien à la peau de son écriture musicale si spontanée.
Quant à elles, ses Trois romances pour hautbois et piano, op. 94 dateront du mois de décembre de la même année que les Fantaisiestücke, une période de la vie du compositeur souvent décrite comme étant maniaque et l’une de ses plus prospères de sa carrière (pensons non seulement à les Fantaisiestücke susmentionnées, mais aussi à l’Adagio et Allegro Op. 70 pour cor français). Les Trois romances pour hautbois et piano font partie des rares pièces composées à ne pas avoir été le fruit une commande d’un éminent hautboïste de l’époque, mais plutôt d’un élan artistique du compositeur, preuve de l’urgence créatrice de Schumann lors de son épisode maniaque. La création, dans un cadre privé, eut lieu en 1850 et fut soutenue notamment par Clara Schumann au piano. L’écriture dichotomique si caractéristique de ces romances nous rappelle immanquablement le tourment perpétuel causé par les troubles mentaux qu’a dû vivre Schumann lors de sa trop courte vie.

Trio en la mineur op. 40 – Carl Frühling (1900?)

Né à Lemberg, ville de l’Autriche d’autrefois (aujourd’hui appelé Lviv, en Ukraine), le pianiste et compositeur Carl Frühling (1868-1937) complétera sa formation musicale à la Gesellschaft der Musikfreunde de Vienne, pour obtenir son diplôme en 1889. Par la suite, Frühling jouira d’une belle carrière de pianiste-accompagnateur, en travaillant notamment avec Pablo Sarasate, en plus de développer une carrière notable de compositeur. Malheureusement, les effets destructeurs de la Première Guerre Mondiale auront raison de sa carrière et plongeront son travail de pianiste et son œuvre dans un oubli complet.

L’année exacte de composition de son trio pour clarinette, violoncelle et piano demeure à ce jour incertaine. Afin de faire davantage circuler son travail de composition, l’éditeur proposa à Frühling d’adapter son trio pour violon, violoncelle et piano, une formation plus standard à l’époque. Construite en quatre mouvements, l’œuvre de Frühling débute par un Allegro moderato (Mässig schnell) aux thèmes chaleureux. Le deuxième mouvement (Anmütig bewegt) est construit selon trois thèmes : une sorte de valse viennoise, un ländler, puis un thème aux sonorités vaguement russes. L’Andante suivant se dirige vers un apogée soutenu par un magnifique duo à la clarinette et au violoncelle. Puis, l’œuvre se conclue par un Allegro vivace rythmique et enjoué.

Trio op. 114 – Johannes Brahms (1891)

Considéré comme l’un des plus grands compositeurs de l’Histoire avec Johann Sebastian Bach et Ludwig van Beethoven, le compositeur germanique Johannes Brahms (1833-1897) vécut la majeure partie de sa vie professionnelle à Vienne. Très tôt dans sa carrière, il se liera d’amitié avec la pianiste Clara Schumann, ainsi que son mari Robert, en plus du violoniste Joseph Joachim – pour qui il composera son célèbre Concerto pour violon en Ré majeur, op. 77. Pianiste accompli, Brahms assura la première représentation publique d’un bon nombre de ses compositions pour piano seul, son instrument de prédilection pour la composition. Malgré son perfectionnisme, ce grand maître de la musique romantique germanique nous léguera de nombreux chefs-d’œuvre du répertoire classique, de ses quatre symphonies à son important corpus d’œuvres pour piano seul, de musique de chambre, de concertos et de sonates.

Son Trio pour clarinette, violoncelle et piano demeure toutefois l’une des rares œuvres écrites pour cette formation qui saura s’intégrer au répertoire standard – son quintette pour clarinette et cordes connaîtra une meilleure réputation et brillera davantage, au fil des siècles. C’est le clarinettiste Richard Mühlfeld qui inspirera Brahms lors de l’écriture de ces deux pièces. Œuvre découpée en quatre mouvements distincts, ce trio débute avec un Allegro de forme sonate, avant de se poursuivre avec un Adagio à la forme sonate revisitée. Le troisième mouvement, un Andantino grazioso de forme ternaire, respecte quant à lui les normes formelles de l’époque. Puis, l’œuvre se conclut dans un Allegro, toujours de forme sonate, usant du canon comme procédé d’écriture et de syncopes, alimentant un certain sentiment d’urgence. Tout au long de l’œuvre, l’écriture si caractéristique du compositeur – longues phrases musicales chargées d’émotions, thèmes et mélodies à la fois passionnés et élégants, riche harmonie et contrepoint dans la partie du piano, notamment – se fait entendre, pour le plus grand bonheur des mélomanes.

Rédigé par Ariane Brisson, flûtiste de Pentaèdre