Bohémienne Rhapsodie

vendredi @ 7:30 pm

Montréal, QC, Canada

Série montréalaise: 2ième concert
Pentaèdre et 10 instrumentistes à vent invités

Gig Details

Admission:
32$ régulier / 27$ aîné / 12$ étudiant

Venue Details

Address
Salle de concert du Conservatoire
4750 avenue Henri-Julien
Montréal, QC H2T 2C8
Canada

Dans sa poursuite de la mise en valeur du répertoire pour instruments à vent, Pentaèdre présente, pour son deuxième programme de la saison, un concert de musique tchèque centré autour d’un chef-d’œuvre, la Sérénade op.44 pour vents d’ Antonín Dvořák. Une partita pour octuor de Franz Krommer et une transcription d’extraits de l’opéra « La Fiancée vendue » de Bedřich Smetana complèteront ce programme. Plusieurs musiciens talentueux se joindront à Pentaèdre afin de conférer à ce concert une couleur folklorique et romantique.

Hautbois : Hugo Shin, Normand Forget
Clarinettes : Martin Carpentier, Laurence Neill-Poirier
Bassons : Mathieu Lussier, Flavien Roger, Jeff Poussier-Leduc (contrebasson)
Cors : Louis-Philippe Marsolais, Louis-Pierre Bergeron et Simon Bourget
Violoncelle : Yegor Dyachkov
Contrebasse : Yannick Chênevert

Franz Krommer (1759-1831) : Octuor-Partita en fa majeur, op. 57
Antonín Dvořák (1841-1904) : Sérénade en ré mineur, op. 44
Bedřich Smetana (1824-1884) : Extraits de La Fiancée vendue pour octuor à vent (transcription Andreas Tarkmann)

Octuor-Partita en Fa Majeur, Op 57 – Franz Krommer (1759-1831)

Compositeur prolifique, le jeune Franz Krommer commence ses études musicales par l’apprentissage du violon et de l’orgue, avant de se tourner vers la composition. Ses habiletés de violoniste l’amèneront même à joindre les rangs d’un orchestre à Vienne, avant d’être nommé plus tard maître de chapelle à la Cathédrale de Pécs, en Hongrie. Puis, en 1798, il occupera le même poste auprès de la chapelle du Duc Ignaz Fuchs, avant de devenir compositeur de la cour impériale d’Autriche en 1813, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Malheureusement, il sera par la suite rapidement oublié du grand public, en partie à cause de la popularité grandissante de Beethoven, son principal rival au début du XIXe siècle.

D’origine germano-hongroise, Franz Krommer composera plus de 300 œuvres tout au long de sa vie. Son catalogue inclut notamment huit symphonies – dont une concertante pour flûte, clarinette et violon –, onze concertos de tous genres, de nombreuses œuvres de musique de chambre pour vents ainsi que de nombreux quatuors à cordes. Son langage musical, rappelant certainement celui de ses contemporains les plus populaires, Mozart et Haydn, diffèrera de celui avant-gardiste du susmentionné Beethoven. Son amour profond pour les instruments à vent se traduira par l’abondance des œuvres dédiées à ceux-ci, ces instruments étant, à l’époque, encore trop souvent relayés à la simple dimension orchestrale. Construit en quatre mouvements, son Octuor-Partita en Fa Majeur pour deux hautbois, deux clarinettes, deux cors et deux bassons respecte les conventions classiques de son époque : un premier mouvement rapide, un Allegro Vivace au caractère martial débute l’œuvre, avant de faire place à un menuet comme deuxième mouvement, celui-ci rappelant plus une musique de chasse qu’une danse galante de la cour du roi. Puis suit le mouvement lent de la pièce, un Adagio-Andante cantabile, au thème d’abord mélancolique, puis porteur d’espoir, avant la conclusion de l’œuvre dans un Alla Polacca, à la fois festif et brillant.

Sérénade en ré mineur, Op. 44 – Antonin Dvorak (1841-1904)

Certainement l’un des compositeurs tchèques les plus reconnus, l’organiste et altiste Antonin Dvorak débutera sa carrière de musicien au sein de l’Orchestre de l’Opéra de Prague, où il jouera sous la baguette notamment de Wagner, Balakirev et Smetana, avec qui il se liera rapidement d’amitié. Plus tard, il sera nommé directeur du conservatoire national de New York (1892-1895), où il composera entre autres sa célèbre Symphonie No. 9 dite « du Nouveau Monde », son Quatuor à cordes No. 12 « Américain » ainsi que son fameux Concerto pour violoncelle – toutefois terminé en sol européen.
La grande variété de l’œuvre de Dvorak, démontrant sa rare aisance à travers différents genres, inclut neuf symphonies, un Stabat Mater, diverses œuvres de musique de chambre – dont quatorze quatuors à cordes -, plusieurs pièces pour piano, de nombreux lieder et quelques opéras, dont Rusalka. Son langage, coloré et rythmé, s’inspire à la fois du large bagage de la musique savante occidentale et des riches héritages folkloriques tchèque et afro-américain. Écrite pour deux hautbois, deux clarinettes, trois cors, deux bassons, un violoncelle et une contrebasse, sa Sérénade en ré mineur demeure certainement l’un de ses chefs-d’œuvre les plus méconnus. Une fois de plus, Dvorak puisera son inspiration dans la musique folklorique d’Europe centrale. Son écriture sera savamment mise en valeur grâce à de magnifiques thèmes tantôt langoureux, tantôt mélancoliques ainsi que par une homogénéité des timbres particulièrement réussie, malgré une instrumentation inusitée.

La Fiancée vendue (1866-1870), arr. pour octuor à vent par Andreas Tarkmann (extraits) – Bedrich Smetana (1824-1884)

Compositeur tchèque né et décédé à Prague, en Bohême, où il vivra la majeure partie de sa vie – à l’exception d’un court séjour en Suède –, le jeune Bedrich Smetana apprendra rapidement le violon et le piano. Plus tard, il sera soutenu financièrement par Liszt lors des premières publications de ses compositions. Engagé dans le mouvement nationaliste tchèque, il fondera en 1848 une première école de musique dans son pays natal. Puis, c’est dans ce même ordre d’idées qu’il fondera une deuxième école de musique à Prague en 1863, avant d’être nommé chef d’orchestre à l’Opéra de Prague en 1866. Des problèmes de surdité liés à la syphilis le contraindront à cesser ses activités de direction et le pousseront à se consacrer entièrement à la composition, avant d’être interné dans un hôpital psychiatrique en 1883, un an avant son décès.

Les œuvres les plus connues de son catalogue incluent le cycle symphonique Ma Vlast, d’où est tirée l’emblématique Moldau, et son opéra La Fiancée vendue, toutes deux empreintes d’un langage musical s’inspirant abondamment de rythmes et de mélodies propres au folklore tchèque. Cette dernière, opéra en trois actes selon un livret de Karel Sabina, met en scène des personnages réalistes et se déroule au cœur d’un véritable village tchèque : cette mise en situation contrastera énormément avec les opéras des compositeurs de l’époque, qui, eux, mettront en scène des personnages merveilleux issus des contes et légendes du folklore germanique ou encore des drames italiens plus grands que nature. Malgré son récit peu fantaisiste, cet opéra n’en demeure pas moins très romantique d’un point de vue musical et gagnera rapidement le cœur des mélomanes à travers le monde dès la création de sa version définitive, en 1870.

Rédaction : Ariane Brisson